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Audition libre ou garde à vue : quelle différence ?

L’audition libre (art. 61-1 du Code de procédure pénale) concerne la personne soupçonnée qui n’est pas placée sous contrainte. Elle doit être informée de la qualification, de la date et du lieu présumés de l’infraction, de son droit de quitter les locaux à tout moment, de son droit de faire des déclarations, de répondre aux questions ou de se taire et, si l’infraction est punie d’une peine d’emprisonnement, de son droit d’être assistée d’un avocat pendant l’audition.

La garde à vue est une mesure de contrainte décidée par un officier de police judiciaire, sous le contrôle du procureur de la République, lorsqu’il existe des raisons plausibles de soupçonner que la personne a commis ou tenté de commettre une infraction punie d’emprisonnement et que la mesure est nécessaire aux fins de l’enquête (art. 62-2). Sa durée est de 24 heures, prolongeable de 24 heures sur autorisation écrite et motivée du procureur lorsque l’infraction est punie d’au moins un an d’emprisonnement (art. 63). Des régimes dérogatoires, notamment en matière de criminalité ou de délinquance organisées, peuvent allonger ces durées (art. 706-88 et suivants du Code de procédure pénale).

Dans les deux cas, l’audition porte sur des faits que les enquêteurs soupçonnent le dirigeant d’avoir commis : ce n’est pas une simple conversation informelle.

Quels sont vos droits en garde à vue ?

  • Notification des droits dès le début : nature, date et lieu présumés des faits, durée possible de la mesure, droit de se taire, droit à un interprète si nécessaire.

  • Prévenir un proche et l’employeur, et demander un examen médical : vous pouvez demander à faire prévenir un proche et, le cas échéant, votre employeur, et solliciter un médecin.

  • Un avocat, dès le début : entretien confidentiel de 30 minutes avant la première audition, renouvelable en cas de prolongation, puis assistance à chaque audition et confrontation. Sauf renonciation expresse de votre part, vous ne devez en principe pas être entendu sur les faits hors la présence de l’avocat (art. 63-4-2), sous réserve des cas de report prévus par la loi.

  • Accès à certaines pièces par l’avocat : procès-verbal de notification des droits, certificat médical, procès-verbaux de vos propres auditions (art. 63-4-1).

  • Le droit de se taire, sans que ce silence vaille aveu, tout au long de la mesure.

Exceptionnellement, la présence de l’avocat peut être reportée par décision écrite et motivée du procureur, au plus jusqu’à la 12e heure, ou, pour un délit puni d’au moins cinq ans d’emprisonnement, jusqu’à la 24e heure sur autorisation du juge des libertés et de la détention.

Les bons réflexes

  • Contactez un avocat pénaliste dès la convocation, avant l’audition : il vérifie le cadre (audition libre ou garde à vue), vous aide à comprendre les faits reprochés et prépare la stratégie.

  • Demandez l’assistance de l’avocat en audition libre : elle est un droit, pas une marque de culpabilité.

  • Ne vous exprimez pas sur le fond sans conseil : une réponse imprécise ou approximative sur un chiffre, une date ou un document peut être retenue plus tard contre vous.

  • Relisez intégralement le procès-verbal avant de le signer, faites corriger les erreurs matérielles et ajouter vos observations utiles.

  • Ne contactez pas les autres personnes concernées (associés, salariés, comptable) pour harmoniser vos déclarations : cela peut être mal interprété par les enquêteurs.

  • Ne détruisez ni ne modifiez aucun document : la destruction ou la falsification de pièces peut constituer une infraction distincte et aggraver votre situation.

  • Distinguez votre position de celle de l’entreprise : vous répondez personnellement, pas au nom de la société, sauf si vous êtes expressément entendu comme représentant de la personne morale.

Dirigeant et société : des intérêts parfois distincts

Le dirigeant peut être entendu à la fois comme personne physique et comme représentant de la personne morale, qui peut elle-même être poursuivie. Leurs intérêts ne coïncident pas toujours (responsabilité personnelle, délégation de pouvoirs, éventuelle négociation avec le parquet, y compris en vue d’une CJIP). Il est souvent prudent que le dirigeant et la société soient assistés séparément, ou que cette question soit examinée dès le début de la procédure.

Que se passe-t-il après ?

À l’issue de l’audition libre ou de la garde à vue, plusieurs suites sont possibles : classement sans suite, poursuite de l’enquête, convocation devant le tribunal correctionnel, mise en œuvre d’alternatives aux poursuites ou ouverture d’une information judiciaire, qui peut mener à une mise en examen.

Une irrégularité (notification tardive ou incomplète des droits, atteinte au droit à l’assistance de l’avocat, mesure non justifiée au regard des critères légaux) peut être invoquée pour demander l’annulation d’actes, dans les formes et délais fixés par la loi.

Comment le cabinet Ghozlan Veil vous accompagne

Le cabinet assiste les dirigeants, élus et responsables publics avant, pendant et après l’audition : préparation en amont, présence aux auditions, contrôle de la régularité de la mesure, observations écrites, suivi des suites de la procédure et de la stratégie de défense.

Questions fréquentes

Puis-je refuser une audition libre ?

Vous pouvez, en principe, quitter les locaux à tout moment lorsque vous êtes entendu en audition libre. Un refus ou un départ peut toutefois conduire les enquêteurs à vous convoquer autrement ou à envisager une garde à vue, selon la situation. La décision se prend avec votre avocat.

Mon avocat peut-il consulter le dossier ?

En garde à vue, l’accès de l’avocat est limité à certaines pièces (notification des droits, certificats médicaux, procès-verbaux de vos auditions). L’accès à l’ensemble du dossier intervient plus tard, selon le stade de la procédure (information judiciaire, renvoi devant le tribunal, etc.).

Dois-je répondre aux questions ?

Non. Le droit de se taire existe en audition libre comme en garde à vue. Il se discute question par question avec l’avocat, en fonction de la stratégie de défense.

La garde à vue est-elle une condamnation ?

Non. C’est une mesure d’enquête, décidée à un stade précoce de la procédure. La présomption d’innocence continue de s’appliquer tant qu’aucune condamnation définitive n’est intervenue.

Puis-je prévenir mon entreprise ?

Vous pouvez demander à faire prévenir votre employeur ou un proche. Limitez le contenu de la communication et évitez tout écrit détaillé sur le dossier, qui pourrait être saisi ou mal interprété.

Que faire si je suis convoqué sans savoir pourquoi ?

Une convocation doit, lorsque l’état de l’enquête le permet, indiquer l’infraction soupçonnée et votre droit d’être assisté d’un avocat. Contactez un avocat avant de vous présenter, afin de préparer l’audition et de vérifier le cadre juridique applicable.

Vous êtes concerné ?

Si vous êtes convoqué ou placé en garde à vue, contactez le cabinet immédiatement.

Cabinet Ghozlan Veil – 79 avenue de Wagram, 75017 Paris – contact@ghozlanveil.fr

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SELAS GHOZLAN VEIL — Société d’exercice libéral par actions simplifiée d’avocats · Barreau de Paris · Toque C1513 · 79, avenue de Wagram, 75017 Paris

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