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Responsabilité pénale du chef d'entreprise : jusqu'où répond-il des fautes de sa société ?

Accident du travail, infraction environnementale, manquement en matière de santé, de sécurité, de concurrence ou de comptabilité : lorsqu'une infraction est commise dans une entreprise, une question se pose vite : qui en répond ? Le dirigeant, un salarié, la société, ou tous à la fois. Cette page présente les principes, le rôle de la délégation de pouvoirs et les moyens de défense.


De quoi le dirigeant est-il responsable pénalement ?

De quoi le dirigeant est-il responsable pénalement ?

En droit pénal, la responsabilité est personnelle : on ne répond que de ses propres actes ou des manquements qui peuvent être personnellement imputés. Mais le dirigeant, parce qu'il a le pouvoir d'organiser, de contrôler et de donner des instructions, peut être poursuivi lorsqu'il a personnellement participé à l'infraction ou lorsqu'il a failli aux obligations que la loi met à sa charge dans l'exercice de ses fonctions.


Deux régimes se distinguent :

  • Les infractions intentionnelles : le dirigeant répond lorsqu'il a voulu l'acte, l'a ordonné, ou l'a laissé faire en connaissance de cause.

  • Les infractions non intentionnelles (accident du travail, atteinte à l'environnement, par exemple). L'article 121-3 du Code pénal exige que l'auteur n'ait pas accompli les diligences normales compte tenu de ses missions, de ses compétences, de son pouvoir et des moyens dont il disposait. Lorsque le dirigeant n'a pas causé directement le dommage mais a créé ou contribué à créer la situation qui l'a permis, ou n'a pas pris les mesures permettant de l'éviter, il n'est responsable que s'il a violé de façon manifestement délibérée une obligation particulière de prudence ou de sécurité prévue par la loi ou le règlement, ou commis une faute caractérisée exposant autrui à un risque d'une particulière gravité qu'il ne pouvait ignorer.

Qu'est-ce que la délégation de pouvoirs ?

La délégation de pouvoirs est le mécanisme par lequel le chef d'entreprise confie, dans un domaine déterminé (sécurité, hygiène, environnement, etc.), la responsabilité de l'application de la réglementation à un préposé. Si elle est valable, la responsabilité pénale peut être supportée par le délégataire plutôt que par le dirigeant. La jurisprudence de la chambre criminelle exige en principe que le délégataire dispose de la compétence, de l'autorité et des moyens nécessaires pour veiller efficacement au respect des règles applicables.


Sa validité est appréciée au cas par cas :

  • le délégataire doit avoir réellement les connaissances, l'autorité hiérarchique et les moyens (budget, personnel, équipements) pour agir ;

  • la délégation doit être précise, limitée à un domaine et acceptée ; un écrit facilite la preuve, même s'il n'est pas toujours exigé ;

  • le dirigeant qui reste impliqué dans la décision, ou qui a lui-même participé à l'infraction, ne peut pas s'en décharger ;

  • certaines obligations ne peuvent pas être déléguées, notamment celles qui tiennent à la direction générale de l'entreprise.


Une délégation de pouvoirs bien conçue ne vaut pas « immunité » : elle est discutée par les enquêteurs et le juge, et un document signé après les faits convainc rarement.

Que faire si une procédure pénale est ouverte ?

Le dirigeant doit faire examiner sans attendre la situation de chacun : qui avait quel pouvoir, quelle délégation, quels moyens, quelles alertes ont été transmises. Les réponses aux enquêteurs doivent être cohérentes avec ces éléments. La défense de la société et celle du dirigeant doivent être pensées ensemble, parfois séparément, dès la garde à vue ou la perquisition.

Le cabinet conseille les dirigeants avant la crise (audit des risques pénaux, délégations de pouvoirs) et les défend pendant la procédure, de l'enquête au jugement, avec la société ou séparément d'elle.

Nous intervenons dès l’enquête (audition libre, garde à vue, perquisition), pendant l’instruction (mise en examen, accès au dossier, demandes d’actes, nullités) et devant le tribunal correctionnel, en lien, si nécessaire, avec l’expert-comptable ou le conseil habituel de la société.

Questions fréquentes

Le dirigeant est-il toujours poursuivi en cas d'accident ou d'infraction dans l'entreprise ?

Non. Sa responsabilité suppose des faits personnels ou un manquement qui lui est imputable, après examen de ses pouvoirs, de ses missions et des moyens dont il disposait au moment des faits.

Une délégation de pouvoirs protège-t-elle forcément ?

Non. Elle est contrôlée par le juge : compétence, autorité et moyens du délégataire, réalité de la délégation, absence de fiction, absence d'immixtion du dirigeant dans le domaine délégué.

Un salarié peut-il être responsable à ma place ?

Oui, s'il a reçu une délégation valable ou s'il a personnellement commis l'infraction. Une délégation de façade, ou donnée à une personne dépourvue de compétence ou de moyens, ne décharge pas le dirigeant.

La société et le dirigeant doivent-ils avoir le même avocat ?

Pas nécessairement, et souvent pas. En cas de divergence d'intérêts (version des faits, stratégie, risque de mise en cause de l'autre), des avocats distincts sont préférables.

Une enquête est ouverte, que faire ?

Ne remettez pas de documents et ne signez rien sans avoir pris conseil. Contactez rapidement un avocat pénaliste afin d’être assisté dès les premières auditions et perquisitions.

Quel est l'effet d'un changement de dirigeant ?

a responsabilité se rattache à la période des faits : il faut identifier qui exerçait effectivement le pouvoir à ce moment-là et quelles délégations existaient.

Vous êtes concerné ?

Si vous êtes mis en cause ou souhaitez sécuriser votre organisation, contactez le cabinet.

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SELAS GHOZLAN VEIL — Société d’exercice libéral par actions simplifiée d’avocats · Barreau de Paris · Toque C1513 · 79, avenue de Wagram, 75017 Paris

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